REQUIN CHAGRIN - Sémaphore | LP
REQUIN CHAGRIN - Sémaphore | LP
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Après la révélation du premier album, Requin Chagrin, en 2015, puis la confirmation du second, Sémaphore (2019) Marion Brunetto a été confrontée à la multitude d’options que peut représenter un troisième disque. Plutôt que de choisir dès le début, elle a exploré, des mois et des mois, des sons, des idées, des mots. On retrouve sa mélancolie, ses sensations planantes, mais également l’affirmation de soi, soulignée par des batteries frondeuses. Les textes comme la musique prennent moins de détours. L’ambition artistique ? Partir d’une dream pop pour l’affiner avec les réverbes du rock’n’roll, des échos des eighties, assouvir un besoin de lumière. Et, surtout, s’abandonner à son addiction assumée : le matériel instrumental.
Ainsi, toute occasion a été bonne pour tester un synthétiseur ici, en emprunter un là, tâter et repincer des cordes de guitare. Chez Requin Chagrin, une chanson est une quête, et tout moyen est bon pour y parvenir. Avec sa seule volonté mais aussi le soutien de son entourage, de Nicola Sirkis, qui l’a signé sur son label KMS, à Chab (Daft Punk, AIR, Sebastian) pour le mastering. S’est aussi distingué l’ingénieur du son Ash Workman (Christine & The Queen, Metronomy, Veronica Falls) qui, de sa ville anglaise de Margate, a musclé une compression sonore échappant néanmoins à toute agressivité : l’énergie renouvelée de Marion a été saisie tout au long de son travail sur les dix pistes de BYE BYE BABY.
Débuté peu avant le confinement, terminé lors d’un enregistrement aux prestigieux studios bruxellois ICP, à la fin de l’été 2020, BYE BYE BABY témoigne de l’intériorité d’une artiste qui veut s’exprimer sur ce qu’elle est tout en racontant le monde autour d’elle. Elle a délaissé son enregistreur à cassettes pour celui à bandes (un Fostex A8 LR), une méthode qui a influé sur la composition des titres et offert autant de contraintes que de possibilités. Elle reste influencée par Beach House, Molly Nilsson, Exploded View, Pale Saints, The Proper Ornaments, Cigarettes After Sex, John Maus, le label Italians Do It Better, les démos de synthés et pédales d’effets vintages, Kate Bush, et les Cocteau Twins, auxquels elle reste religieusement fidèle.
Pour son deuxième album, Requin Chagrin, alias Marion Brunetto, chanteuse, auteure, compositrice et musicienne, a trouvé mieux qu’un port : un «Sémaphore».
Premier album à sortir sur KMS Disques, le label de Nicola Sirkis au sein de Sony Music dont Requin Chagrin est la première signature, «Sémaphore» s’inscrit quelque part dans la descendance du groupe Indochine mais surtout en droite lignée de leurs parents communs, qu’ils soient dans la New-Wave, le Yé-Yé, la Noisy Pop anglaise ou une chanson estivale qui serait obscurcie par les nuages. «Sa voix, son univers, le son du groupe… j’ai tout adoré chez Requin Chagrin» explique Nicola. C’est après les dix-sept premières parties d’Indochine données entre février et mai 2018 que Marion a composé intégralement et enregistré les 10 chansons de «Sémaphore».
Quatre ans après un premier album sobrement titré «Requin Chagrin», joué, produit par ses soins et paru en toute indépendance, Marion a bien grandi. Elle qui tient quasiment tous les instruments sur ses compositions. Tandis que sa guitare envahit l’espace et donne une couleur aérienne à son Rock, sa musique range le surf au garage pour sonner en écho à la scène Indie Rock américaine. «J’aime autant les mélodies de sa guitare que celles de sa voix», décrit Nicola Sirkis pour illustrer cette Dream Pop qui tend vers la chanson Psyché.
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